L'orage s'est élevé, il a terrassé quelques grands chênes, gardiens jusqu'alors inébranlés, attendant leur heure au flanc de la colline de Coquibus. Et l'orage s'est éloigné. La lumière couchée de la journée qui touche à sa fin embrase à présent la vallée, les acacias en fleur et les gousses turgescentes du colza en fruit. C'est l'heure à laquelle ma promenade en forêt touche à sa fin, je laisse derrière moi les feuilles trempées des jeunes châtaigniers qui luisent dans le sous bois, je rejoins la lisière du Massif des Trois Pignons. Bientôt les chevreuils eux aussi vont sortir, profiter un instant des derniers rayons de soleil et se nourrir de fleurs des champs, avant que la nuit ne s'abatte sur la plaine.
Une heure à peine s'écoule avant que ne surgissent des broussailles deux jeunes mâles. Ils se poursuivent, se font face, s'éloignent et se rapprochent l'un de l'autre, jaugent leur combativité. Ces futurs brocards, mâles dominants de la harde, doivent asseoir leur autorité sur ce territoire de rêve, la forêt qui les abrite et la plaine qui les nourrit. Ils gambadent, toujours à bonne distance de l'affût, le soleil est masqué par un nuage et la lumière est pâle. Mais l'un des deux animaux s'approche assez pour m'offrir des images correctes. Et sans raison apparente, il reprend sa course bondissante et rejoint à nouveau le sous-bois.
Ce n'est qu'en toute fin d'après midi que j'aperçois cette chevrette couchée au pied des genêts à balais. Elle est très loin et j'entame une approche en rampant comme un serpent au milieu des fleurs, qui me camouflent. Bien sûr, elle m'a repéré, mais sa curiosité est immense qui l'empêche de s'enfuir. Puis tranquillement, elle se lève et s'éloigne. courageuse mais pas téméraire.
Il est temps à présent de se retirer, encore quelque pas dans la prairie humide et son odeur chaude de fleurs printanières. A contre-jour elles semblent en feu, c'est un brasier géant qui crépite, avec ses milliers de grillons, et ses braises légères aux ailes incandescentes qui montent vers le ciel. Un grand sanglier noir est assez fou pour traverser les flammes, il est le dernier animal que je verrai, avant de disparaître à mon tour dans la poussière du soleil
Par alexandre
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Il est six heures moins le quart lorsque j’entre dans la forêt des Trois Pignons, à l’ouest de Fontainebleau. Déjà au pied de la platière de Coquibus résonnent les aboiements de quelques brocards qui, en ce début de printemps, défendent âprement leur territoire. Dans une petite heure il fera jour, et c’est dans le creux de l’obscurité que j’installe mon affût en lisière de la forêt. Les champs de jeune blé vert et de colza en fleur sont une aubaine pour les chevreuils qui se régalent, à l’aube et au crépuscule….et une aubaine pour le photographe qui les attend patiemment. Il est sept heures lorsqu’une chevrette apparaît à quelques mètres de mon affût. Les oreilles dressées, le regard dans ma direction le souffle bruyant, elle m’a repéré, c’est certain. Mais elle reste là, une petite minute. Suffisant pour que je puisse immortaliser l’instant. Clic clac…merci ma belle….et elle se retire, sans se sauver, mais visiblement pas rassurée par le bruit du déclencheur.
Je la reverrai à la tombée de la nuit, son pelage d’été apparaît sous les touffes persistantes de sa toison hivernale. Pendant plusieurs minutes elle se nourrit sur le champ de blé vert, mais cette fois il fait bien trop sombre pour prendre une photo, il est l’heure de rentrer.
Par alexandre
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Ce week-end encore j’ai fait une infidélité à la forêt de Fontainebleau en allant traîner mes guêtres du coté de l’Indre et Loire.
Depuis deux semaines (voir article du 25 Mars), le niveau de l’eau a considérablement baissé et les mares poussent comme des champignons sur ce bout de terre embrassé par les grands cours d’eau, la Loire, l’Indre, et la Vienne. Je vous ai déjà parlé des crustacés qui peuplent ces mares temporaires, et nous étions justement à la recherche d’une nouvelle station. C’est au milieu d’un champ, proche de la confluence entre la Loire et la Vienne, que nous avons découvert un point d’eau abritant des lépidurus. Dans l’herbe autour, on pouvait observer une fleur assez rare, aux pétales marbrés de pourpre, la fritllaire, encore appelée Œuf-de-pintade ou Coquelourde.
(Photo : Michaël Manuel)
Les rainettes (Hyla arborea arborea), petites grenouilles vertes arboricoles, et leur variant brun, moins courant, font de très bons sujets photo également.
En fin de journée nous avons tenté une approche sur un groupe de trois chevreuils, dans la forêt de Chinon. Mais un brocard plus méfiant que les autres a donné l’alerte et les trois animaux se sont enfuis, comme trois éclairs fulgurants.
Par alexandre
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Bienvenue à tous les promeneurs Enforêt. Vous trouverez de nouvelles photos dans l'album Automne-Hiver. Hier, il pleuvait et l'ambiance au coeur de la forêt de Fontainebleau était encore automnale. Avec l'arrivé du printemps, le soleil offrira de belles images. A bientôt.
Par alexandre
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En ce début du mois de Mars, les eaux de la Loire ne sont pas encore décidées à regagner leur lit, et les champs alentours sont un miroir géant, un lac peu profond qui disparaîtra dans quelques semaines.
Chaque année, la Loire, seul fleuve vraiment sauvage d’Europe, modèle ainsi le paysage au gré de ses crues. Ce week-end nous sommes à Ussé, proche de la confluence de l’Indre et de la Loire et connu pour son très beau château dit « De la Belle au Bois Dormant ». La lumière est
délicieuse lorsque le jour se couche derrière les peupleraies inondées.
C’est aussi l’occasion d’observer la faune qui peuple les mares qui se forment alors temporairement. A l’aide d’une épuisette, Michaël et moi sortons de merveilleux crustacés comme le lépidurus (en photo) ou le chirocéphale. Ces animaux sont inféodés aux milieux temporaires. Leurs œufs restent au sec pendant plusieurs mois, puis éclosent lorsque, comme cette semaine, les mares reviennent en eau.
Un lépidurus (Lepidurus apus) vue de dessous, il possèdent de nombreuses branchies rouges, protégées par une "carapace" céphalothoracique, de laquelle dépasse un abdomen terminé par une palette natatoire
L’agriculture intensive, le remembrement ou les aménagements qui tendent à uniformiser le paysage agricole, menacent ces trous d’eau temporaires, qui sont souvent comblés car il gênent la progression des engins. Avec chaque mare, ce sont de nombreuses espèces de ces crustacés qui disparaissent, et la biodiversité qui perd, encore, du terrain.
Un grand merci à Michaël pour m'avoir acceuilli dans sa maison.
Par alexandre
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Dimanche 24 décembre 2006
Joyeux Noël à tous les promeneurs du blog
En Forêt.
Ces quelques jours de congé vont être l'occasion de faire de belles balades dans le givre du matin...et j'espère de belles photos à vous faire découvrir. Joyeux noël et bonnes fêtes de fin d'année à tous.
Par alexandre
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