Dimanche 18 juin 2006
    Voilà bientôt un an que ma meilleure amie, Peggy, est partie étudier l'écologie forestière à Nancy. Chaque fois que l'on se retrouve (à Nancy ou à Paris), c'est l'occasion de faire une virée en forêt. Cette fois-ci, il fallait absolument que je lui montre mon nouveau coin, celui où j'ai vu naître le faon il y a quinze jours (voir l'article précédent). Pas de nouvelles du petit être, mais une quantité impressionnante d'animaux pour saluer la venue de mon amie.
Peggy a repéré un chevreuil dans les blés.

     Ce soir là, on a vu tellement d'animaux qu'il est impossible de tout raconter ! Chevreuils, sangliers, cerfs, chouette effraie,....un festival.
    On retiendra surtout cette harde de neufs sangliers, que l'on a tenté d'approcher pendant une bonne demie-heure. Au moment ou on les aperçoit, Peggy se met en mode pisteur, l'oreille tendue et l'appareil photo armé comme un fusil. Une vraie chasseuse....d'images, bien sûr ! Ni les ronces ni les orties ne peuvent l'arrêter. Elle n'a qu'une chose en tête : approcher les sangliers au plus près pour faire une photo correcte. C'est sans compter sur la vitesse de déplacement de ces cochons, dont on ne pourra faire que des photos médiocres. Mais quels souvenirs ! Une biche, un chevreuil et neufs sangliers sur le même champ.
Un groupe de neuf sangliers et un chevreuil au fond.

    Au moment de partir, on a vécu un autre moment fort. Comme un cadeau pour nous souhaiter bonne nuit, deux magnifiques cerfs, des vieux mâles, flânent sur un champ, à quelques mètres de la route. J'arrête la voiture, on ressort les jumelles, et les deux animaux se laissent observer pendant de longues minutes. Un, deux, trois, quatre...dix cors, ce sont deux dix cors, c'est à dire deux mâles dont les immenses bois possèdent chacun cinq ramifications. (ce qui fait dix par cerfs, ndlr :-).
    Une chouette effraie qui passe dans les phares de la voiture, et le bonheur est complet !
    Pas déçue de cette balade ma petite Peggy. Je sais que nous partageons la même passion de l'observation des bêtes sauvages. C'est à plat ventre dans les herbes, le coeur battant de savoir les animaux tout proches, que nous vivons nos plus belles secondes d'amitié.
Par alexandre - Publié dans : enforet
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Jeudi 1 juin 2006
  Rencontre avec une chevrette à un moment crucial de sa vie.

 La lumière est magnifique, orageuse, en cette fin de journée. Si les animaux sont au rendez-vous, je vais pouvoir faire de belles photos. Je marche le long de la lisère dans les herbres hautes, lorsqu'un chevreuil bondit à mes pieds !! Reflexe, je m'accroupis dans la végétation pour me cacher.  L'animal se retourne, c'est une femelle, elle ne me voit pas.
 Elle fait demi-tour et revient se coucher, à quelques mètres de moi, quelques tout petits mètres qui nous séparent. Dès que je bouge elle relève la tête, regarde dans ma direction puis baisse à nouveau sa vigilance. Je suis bloqué, elle est cachée par les herbes et je ne peux pas la photographier, je ne peux pas non plus me déplacer de peur de la faire fuire. Soudain elle se lève, c'est l'occasion, je me dresse sur mes genoux. On est face à face - quelques images - mais elle ne s'enfuit toujours pas. Je commence à penser qu'elle doit avoir un petit auprès d'elle pour rester malgré le danger, mais lorsqu'elle se retourne, je m'aperçois qu'entre ses cuisses coule un filet visqueux et rose qui brille dans le soleil : cette chevrette est en train de mettre bas.

 Je n'ai plus qu'une idée en tête : partir ! Il ne faut absolument pas déranger cette femelle pendant qu'elle donne naissance. Je me fais donc tout petit et rebrousse chemin pour terminer ma promenade loin du spectacle de la vie. Il faut savoir s'effacer le moment venu, et accepter de voir que même si nous respectons la nature, nous ne sommes parfois que des intrus.
 A l'heure qu'il est, un beau petit faon doit gambader aux côtés de sa mère. J'y retournerai ce week-end et je vous donnerai des nouvelles.
Par alexandre - Publié dans : enforet
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Dimanche 28 mai 2006

  Voilà encore une de ces balades qui font du bien aux yeux. La mission numéro un était de montrer à Michaël mon coin à guêpiers. Pas déçus le garçon ! Un groupe d’une vingtaine d’oiseaux pas très farouches nous offre un joli spectacle de vols planés et de couleurs exotiques (à voir dans l’album photo « printemps »). Mais Michaël ne lève jamais très longtemps les yeux du sol et s’arrange toujours pour trouver une plante « intéressante »:
"- Oh regarde, ça c'est un Bugle de Genève ! il est différent du bugle rampant car ses feuilles ont trois dents et...
- Ouais ouais, sinon t'as vu comme ils sont beaux les guêpiers."
Heureusement, parfois on trouve des plantes vraiment rares, ou tout simplement rigolotes, comme Ranunculus nodiflorus qui ne pousse que dans les milieux humides temporaires et qui est menacée d’extinction, ou la très commune Chélidoine, ou Herbe aux verrues, dont la sève orange sert à soigner les verrues.

                          (Une Belle-dame sur un Bugle de Genève)  
     
   Quelques photos et une sieste sous un chêne plus tard, nous prenons la direction d’un  fameux coin à chevreuil pour faire un affût. Après quelques minutes (heures ?), Michaël (toujours lui), qui, rappelons le, est maître de conférence en biologie animale à l’université paris 6, s’écrie :
« Oh mais il y a une vache au milieu du champ. »

Je regarde... pas de vache, mais juste un gros sanglier.
« Non c’est pas possible, t’as confondu un sanglier avec une vache ! ».
Morts de rire pendant 10 minutes.
 A la tombée de la nuit, on aura quand même la visite d’un brocard (chevreuil mâle) que je ne réussis à photographier qu’au prix d’une longue approche car ce coquin est très loin de notre affût.
 En repartant, on s’arrête près d’un champ connu pour abriter une harde de cerfs. Ils sont bien là, 6 ou 7 individus dont un grand mâle qui reste à l’écart. Il fait très sombre, les photos seront pour la prochaine fois.
                                    (Brocard en lisière de forêt)

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Mardi 23 mai 2006
La nature à Paris pour égayer la semaine : c'est dans le 19em arrondissement que ce bombyle s'est laissé photographier alors qu'il venait butiner un coquelicot.
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Mercredi 17 mai 2006
   Furieux d'avoir loupé un faisan , ce renard fait demi-tour. Il s'apprète alors à croiser le chemin du photographe. J'ai juste le temps de plonger à plat ventre dans les herbes, et le voilà qui sort la tête des fourrés. Quel regard ! canin et félin à la fois (et peut être calin, qui sait ?).
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Mardi 9 mai 2006

 L’après-midi  commençait avec deux observations géniales : un rollier d’Europe, et la découverte d’une carrière où une colonie de guêpier d’Europe a élu domicile. Ces oiseaux aux couleurs flamboyantes ont un chant qui roule et qui nous plonge vraiment dans l’ambiance des forêts tropicales. Ils s’élancent d’une branche élevée et planent, les ailes tendues, de chaque côté de leur corps robuste, capturant un insecte dans leur bec pointu de chasseur. La rencontre avec quelques anémones pulsatiles, des araignées-loup et autres écureuils ont fait de cette promenade une des plus printanières depuis le début de l’année.

(Anemone pulsatilla vulgaris)

 Un affût, le soir m’a permis de constater que les brocards (chevreuils mâles) ont bien marqué leur territoire. Une forte odeur d’urine s’élevait de la lisière de la forêt, et j’ai pu observer deux chevreuils courant à tout allure, l’un poursuivant l’autre en brandissant la pointe menaçante de ses bois. Une fois que l’intrus eût été à distance raisonnable, le brocard excité s’approcha de l’affût, m’observant quelques secondes. Le vent fort conduisit certainement mon odeur jusqu’à ses narines, et celui qui faisait le fier quelques secondes auparavant pris soudain la fuite comme un poltron de la plus basse espèce. Ce fût une aubaine pour le fuyard de tout à l’heure qui revint à pas de velours, profitant de l’absence de son rival. Mais lui aussi semblait m’avoir repéré et il resta à bonne distance de l’affût. Dans la nuit qui tombait la plaine résonnait des aboiements de plusieurs brocards, témoignant de l’excitation des mâles territoriaux.

Par alexandre - Publié dans : enforet
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Mardi 2 mai 2006
 Voila plusieurs semaines que j'attendais une rencontre comme celle-là....récit d'une belle soirée de printemps.

Le soir commence à tomber sur la plaine. La pluie s’est arrêtée et les minces rayons qui percent les nuages s’évanouissent  dans l’atmosphère humide. Pendant l’après midi, j’ai repéré de nombreuses et fraîches traces de chevreuils dans les environs, et je suis confiant pour cet affût. Je place mes filets de camouflage à la lisière de la Forêt des Trois Pignons. A droite les champs de colza s’étendent à perte de vue, à gauche s’ouvre une prairie de fauche dont les fleurs flamboyantes peuvent servir de dîner aux chevreuils. Trois heures s’écoulent et commencent à entamer ma patience. Je doute, il est huit heures, la lumière baisse et toujours rien ! Peut être que je me suis trompé, après tout les traces aperçues cet après midi n’étaient pas si fraîches, et puis en ce moment il y a beaucoup de chasseurs de faisans, cela les a peut-être effrayés… Et soudain toutes mes craintes disparaissent ! Il est là ! Brillant et magnifique, enveloppé dans un léger contre jour, à dix mètres à peine de moi. Le velours de ses bois luit comme une auréole. Je ne peux pas bouger et mon cœur raisonne si fort dans ma poitrine qu’il pourrait presque l’entendre. Puis un deuxième chevreuil surgit de la lisière, il est plus jeune, plus frêle et surtout beaucoup plus agité, il gambade et fait des cabrioles, tend les pattes avant et propulse ses sabots vers l’arrière, puis il secoue la tête comme s’il voulait se débarrasser du velours de ses jeunes bois. Mais ils s’éloignent vite et je n’ai même pas le temps de les photographier. Heureusement ils sont bientôt suivis par une femelle. Elle semble avoir trouver quelques fleurs à grignoter et reste autour de mon affût. J’attends qu’elle se présente sous son plus beau profil et je saisis l’instant ! Ca y est, c’est dans la boîte !
Finalement mon attente aura été récompensée et je compte bien revenir le week-end prochain pour tirer le portrait des deux mâles. Bien sûr j’attends la tombée totale de la nuit pour partir sans les effrayer.
  

Par alexandre - Publié dans : enforet
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Mardi 18 avril 2006

Pour beaucoup, le ragondin n’est qu’une
« saloperie de bestiole qui détruit les berges ».
C’est vrai…mais pas seulement.

C’est aussi un animal très mignon et facile à observer.


  Aurélien et moi avons passé le week-end en Normandie. Sa grand-mère possède une ferme et un étang, autour duquel vit une famille de ragondins. Lorsque le voisin vient pêcher, il emporte une canne et… un fusil, c’est vous dire si les rongeurs ont du souci à se faire. Après avoir pris quelques gardons, Aurélien et moi décidons de nous mettre à l’affût pour observer l’ennemi n° 1 à la tombé de la nuit. On est bien décidés à le shooter, au téléobjectif bien-sûr !


 C’est au bout de quelques minutes d’attente seulement qu’apparaissent à la surface de l’eau les petites moustaches blanches qui se reflètent dans le miroir de l’étang. Ils sont là, dans la creux de la berge, et se demandent qui sont les deux grands mammifères qui essayent ridiculement de se cacher, sur la rive opposée. Mais notre présence ne semble pas trop les inquiéter, et ce sont deux adultes et trois jeunes qui nagent autour d’un buisson de ronce dont ils mangent les jeunes pousses.
 
 Voilà, la photo est dans la boîte, et même si elle n'est pas terrible ça fait quand même un beau souvenir.
 Un grand merci à Aurélien et à toute sa famille pour leur acceuil ce week-end. On a bien rigolé et bien respiré !

Par alexandre - Publié dans : enforet
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Mardi 28 mars 2006
 Ce matin sur le campus de la fac d'Orsay, j'ai entendu le premier pouillot véloce de la saison. Si pour certains se sont les hirondelles qui font le printemps, pour moi il n'y a pas de doute, c'est le retour du pouillot (quand il remonte du sud où il a passé l'hiver, le veinard...)  Son chant est synonyme de chaleur et d'après-midi lassives, allongé dans l'herbe, sous le soleil.
(photo : source web)
  Le pouillot véloce est un petit oiseau de couleur uniforme gris-vert avec un sourcil plus clair. On l'appelle "l'oiseau compte écus" car son tchip-tchop-tchip-tchop imite le bruit de quelqu'un qui compte ses sous. Ce petit oiseau est très mobile dans les branches. Il se nourrit principalement d'insectes. 

 Depuis ce matin donc,c'est le printemps.

 (Pour + d'informations sur le pouillot véloce :  http://www.oiseaux.net/oiseaux/passeriformes/
pouillot.veloce.html)
Par alexandre - Publié dans : enforet
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Samedi 25 mars 2006
 Ce Samedi 8 Mars, Michaël et moi voulons voir si le printemps a étendu ses ailes sur les chênes de la forêt de Fontainebleau.

 Est-ce-que le pouillot véloce est arrivé chez nous, est-ce que les premiers insectes butinent les premières fleurs?
 Après une demie heure de balade, il faut se rendre à l'évidence, l'hiver ne nous a pas encore quitté. Qu'à cela ne tienne, il y a toujours des tas de choses à observer en forêt, quelle que soit la saison.
 Cette souche par exemple se décompose en petits cubes de bois car un champignon a dégradé toute la cellulose. Sous l'action d'un tel champignon, dit cellulolytique, seule la lignine persiste et donne au bois la particularité de se morceler ainsi.
 Dans les mares on trouve aussi des pontes de grenouilles dont les oeufs sont à un stade précoce. Mais on ne voit aucun amphibien adulte, peut-être encore paralysés par le grand froid de ces derniers jours. Seule une larve de salamandre se fera piéger dans notre épuisette...le temps d'une scéance photo avant de rejoindre le milieu naturel

 Pour pimenter cette promenade, Michaël et moi nous fixons deux buts : voir un Pic noir (ils sont nombreux autour de Bois-le-Roi) et trouver des myxomycètes. Evidemment, nous ne réaliserons aucun de ces deux objectifs :-)
 Pas grave, il en faut plus pour décourager ces deux naturalistes, qui décident de rester jusqu'a la tombée de la nuit pour faire un affût... Bilan, une laie et ses trois jeunes marcassins qui portent encore des rayures claires sur le dos.
 Pas si mal finalement cette journée d'hiver !
Par alexandre - Publié dans : enforet
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